Protection immunitaire du cheval, les solutions actuelles

Le système immunitaire d'un être vivant est complexe. Il est constitué de divers éléments de reconnaissance et de défense dans l’organisme qui analysent et départagent les constituant de l’organisme en deux catégories, le « soi » à savoir les propres constituants de l’organisme et le « non soi » autrement dit les constituants pathogènes, environnementaux, … De plus, le système immunitaire est chargé de protéger l’organisme contre les attaques externes (agents pathogènes infectieux) et internes (processus tumoral).

Le système immunitaire est hérité à la naissance mais est aussi adaptatif en fonction de la vie et des contacts avec des microbes ou des substances environnementales étrangères à l’organisme. L’action du système immunitaire est de protéger l’organisme et de détruire les agents pathogènes (virus, bactéries,) ainsi que les éléments extérieurs à l’organisme comme certains poisons.

Le système immunitaire a donc une visée de protection par des mécanisme de défenses, qu’elles soient innées ou adaptatives.

Nous allons voir ci-après les 3 grands axes de la protection immunitaire chez le cheval que sont la vaccination, le microbiote intestinal et les plantes pour booster l’immunité.

1/ La vaccination

L’idée des vaccins est partie du constat que des individus ayant été atteints d’une maladie infectieuse étaient mieux protégés en cas de réinfection de par l’immunité naturelle par la production d’anticorps ciblés et la sensibilisation des cellules tueuses de microbes.

Un vaccin est donc une préparation biologique d'un ou de plusieurs antigènes microbiens qui stimule le système immunitaire d’un organisme vivant et sain pour développer une immunité adaptative protectrice et durable. L’organisme vacciné aura ainsi une réaction plus rapide et s’activera en cas de contamination ultérieure.

Il existe trois principaux types de vaccins selon leur préparation : agents infectieux inactivés, agents vivants atténués ou antigènes vaccinaux purifiés (ou sous-unités d’agents infectieux).

Les vaccins inactivés sont constitués d’agents pathogènes « tués » et donc inactifs.

Les vaccins vivants atténués sont constitués de micro-organismes vivants que l’on a atténué pour les rendre incapables de transmettre ou provoquer une maladie.

Les antigènes vaccinaux purifiés sont réalisés à partir d’antigènes spécifiques de l’agent infectieux après traitement, voire de molécules de synthèse.

Afin d’augmenter le pouvoir vaccinal, celui-ci doit être additionné à un adjuvant de type sel d’aluminium. Celui-ci permet d’augmenter l'immunogénicité (capacité d'induire une réaction immunitaire) des préparations vaccinales et une réponse immunitaire innée plus efficace.

La vaccination est la solution la plus souvent utilisée pour assurer l’immunité chez le cheval. En effet, à la naissance le poulain possède une immunité naturelle quasi-inexistante, voire nulle. Ce n’est que par le colostrum lors des premières tétés (sous 24 heures) qu’il va acquérir ses premiers anticorps. Lors des premières 24 heures de sa vie, les intestins du poulain vont aussi être perméables aux anticorps ingérés et les laisser passer pour migrer vers le sang. Ce sont ces premiers anticorps qui protégeront le poulain lors des premiers mois de sa vie (6 mois environ). Comme le taux d’anticorps que l’on retrouve dans le colostrum est directement lié à l’immunité de la jument, vous comprendrez que celle-ci doit avoir un système immunitaire « au top » en fin de gestation. C’est pour cette raison que les vétérinaires conseillent d’effectuer les rappels vaccinaux à cette période. Pour le poulain, dès la naissance c’est à lui de développer ses propres défenses immunitaires, sans avoir recours à un vaccin. En effet, en raison de la présence des anticorps de la jument dans l’organisme du poulain qui inactiveraient un vaccin, celui-ci ne pourra être inoculé qu’à partir du sixième mois du poulain. Certes en cas de risque particulier, une vaccination sera toujours possible, mais avec un protocole spécifique à chaque cas.

Un vaccin ne procure malheureusement pas une protection illimitée. Le taux d’anticorps diminue avec le temps et des rappels seront alors nécessaires tout au long de la vie du cheval adulte. Par ailleurs certains sujets ne parviennent pas à développer une immunité suffisante, ce qui nécessite de faire des tests et des analyses régulières de leur immunité (présence ou pas d’anticorps). Cette approche a aussi l’avantage de tester et donc de vacciner uniquement les sujets qui en auraient besoin. Malheureusement ces tests sont encore rares et chers.
Heureusement les effets secondaires indésirables aux vaccins restent faibles en France (46 en 2017 signalés à l’ANMV). Il convient néanmoins de respecter quelques règles de vaccination comme le fait de ne vacciner que les sujets sains et en bonne santé, laisser le cheval au repos 5 à 7 jours après une vaccination, respecter les règles d’hygiène lors de l’acte de vaccination,…

2/ Le rôle du microbiote intestinal

Beaucoup de nos cellules immunitaires sont situées dans l'intestin. Cet organe, en particulier les bactéries (microbiote) qu'il contient, joue un rôle important dans la défense contre les agents pathogènes. Le maintien de l'intégrité de la flore intestinale est essentiel pour conserver de bonnes capacités de défense, aidé si nécessaire par un apport en probiotiques.

L’intestin n’est pas qu’un tube où transitent les aliments. Il intervient aussi dans 3 processus de défenses immunitaires.

Tout d’abord, il filtre le bol alimentaire pour ne laisser passer que les nutriments et micro-nutriments indispensables à l’organisme. L’intestin empêche ainsi les micro-organismes pathogènes d’investir le corps.

Mais il est aussi un énorme réservoir de cellules immunitaires. En effet, 60% de celles-ci se concentrent dans l’intestin.

L’intestin a aussi son propre système de défense qui le protège et protège le sujet : le microbiote. Ces « bonnes » bactéries (dites « commensales ») protègent contre les agents pathogènes par un effet barrière et les empêchent de coloniser l’intestin.

La vie moderne du cheval et en particulier une alimentation inadaptée peut affecter l’équilibre bactérien du microbiote intestinal. Ces bactéries conditionnent le bon fonctionnement de la barrière intestinale (au niveau du gros intestin) en apportant les réponses en cas d’inflammation. Cet état de déséquilibre du microbiote intestinal est appelé « dysbiose ». Cette dysbiose peut avoir une origine alimentaire (inadaptée), médicamenteuse (antibiotique), sportive ou sociale (stress) chez le cheval. Les études actuelles portent surtout sur les causes alimentaires où sont répertoriés les apports en excès de glucides (amidon, mélasse) dans les rations ainsi que les changements brusques d’alimentation générant un stress digestif.

Pour faire simple, le microbiote module les réponses immunitaires des cellules de l’organisme pour toujours garder un équilibre (appelé « Eubiose ») entre bactéries immunorégulatrices et bactéries inflammatoires. En cas de dysbiose, les signaux inflammatoires augmente au détriment des signaux immunotolérants. La barrière intestinale devient alors poreuse et perméable (voire nécrosée), ne joue plus son rôle de barrière, engendrant alors des diarrhées, des colites aiguës, voire des coliques.

La prévention de l’inflammation repose donc en partie sur la protection du microbiote intestinal. Au niveau alimentaire, il faut garder à l’esprit que le cheval est un herbivore et qu’il lui faut un apport suffisant de fibres dans son alimentation (prébiotique pour nourrir le microbiote) et surtout contrôler strictement tout apport de glucides (amidon, sucre, mélasse) dans sa ration. En prévention et en traitement en cas de dysbiose, une distribution régulière de Probiotique (P143 – AJC ProBio) est une voie saine et naturelle pour la conservation et le développement d’un microbiote performant.

3/ Les plantes pour booster l’immunité

Les plantes sont souvent utilisées pour aider l’organisme à se défendre contre une maladie infectieuse, en développant entre autre l’efficacité du système immunitaire. D’ailleurs, l’usage de plantes médicinales immunostimulantes est courant en médecine.

Les principaux émetteurs du système immunitaire sont les cellules immunitaires appelées leucocytes (ou globules blancs) produites par des cellules souches, au sein de la moelle osseuse rouge. C’est donc par ce biais que les plantes devront agir sur l’organisme.

Les plantes produisent des substances appelées métabolites primaires. Ce sont des molécules directement impliquées dans la croissance et le développement de la plante comme les glucides ou les acides aminés. Les plantes produisent aussi des métabolites secondaires qui ne sont pas directement impliqués dans les processus physiologiques fondamentaux (indispensables à la vie), mais possèdent une fonction importante d’interaction entre la plante et son milieu. Tous les métabolites secondaires n’ont pas encore révélé leur secret, mais ils servent par exemple de toxiques pour permettre à la plante de se défendre contre des prédateurs où à l’inverse pour attirer des insectes pollinisateurs pour la reproduction.

Ce sont ces métabolites secondaires qui nous intéressent en phytothérapie car elles possèdent un ou plusieurs effets pharmacologiques permettant de la classer parmi les plantes dites « médicinales ». Chacune de ces plantes contient plusieurs dizaines de métabolites secondaires qui interagissent entre eux et la rende unique. Par ailleurs, lorsque l’on ingère une plante médicinale (et pas uniquement un élément isolé de la plante), on bénéficie de l’ensemble des métabolites présents dans la plante ce qui permet d’augmenter l’efficacité du traitement. C’est la notion de « totum » de la plante qui veut que l’on considère la plante dans sa globalité et qui est l'objectif ultime de tous les herboristes.

Dans le cas des défenses immunitaires, nous serons enclin à sélectionner les plantes contenant les métabolites secondaires « immunomodulateurs », soit pour stimuler le système immunitaire en prévention d’une maladie, soit en traitement pour aider le sujet à combattre une maladie déjà présente. En administrant ces plantes, il ne s’agit pas de se substituer au système immunitaire mais de le stimuler et de l’aider à mieux fonctionner. Un exemple simple des effets bénéfiques sur l’immunomodulation et des interactions entre métabolites secondaires est le Cynorrhodon, riche en vitamine C. En effet, de part sa richesse en vitamine C, le Cynorrhodon est capable de prévenir les effets causés par le « stress oxydatif » (agression des constituants de la cellule), l’augmentation de la production de lymphocytes (globules blancs dont le rôle est la défense immunitaire de l'organisme face aux agressions infectieuses), la stimulation de l’activité des macrophages (globules blancs en charge d’ingérer et de détruire des cellules malades, des bactéries, des particules étrangères) ainsi que la production d’anticorps.

Quelques exemples de plantes immunostimulantes :

L’Eleuthérocoque (Eleutherococcus senticosus)
L'éleuthérocoque a la réputation de stimuler les défenses immunitaires car cette plante contient des éleuthérosides. Dans des essais in vitro (dans un tube à essai) comme chez les animaux, des études ont montré que les extraits d’éleuthérocoque stimulent certaines cellules de l’immunité (lymphocytes). De plus, ces extraits semblent capables d’interagir avec les molécules qui, dans les cellules, permettent l’action des corticostéroïdes. L’Agence européenne du médicament considère comme « traditionnellement établi » l’usage de l’éleuthérocoque dans « les asthénies, l’état de fatigue et de faiblesse ». L’Organisation mondiale de la santé reconnaît l’éleuthérocoque comme « un tonique capable d’augmenter les capacités mentales et physiques lors de fatigue et au cours des convalescences ». (P120 – ELEUTHEROCOQUE)

L’Echinacée (Echinacea purpurea)
L’échinacée tire ses actions bienfaisantes grâce aux acides phénoliques, aux flavonoïdes et aux polysaccharides qu’elle contient. Ces métabolites ont montré une action immunomodulatrice et anti-infectieuse sur les organismes. Chez le cheval, une étude a démontrée l’augmentation du taux de globules blancs chez 8 chevaux en bonne santé ayant fait une cure d’échinacée pendant 42 jours (le taux est redescendu après l’arrêt de la cure). Pour une action optimale en cas d’infection virale ou bactérienne déclarée, il convient de débuter la cure dès les premiers signes de la maladie. L’Agence européenne du médicament considère comme « traditionnellement établi » l’usage de l’échinacée pourpre (E. purpurea) ou de l’échinacée à feuilles étroites (E. angustifolia) dans « le traitement des rhumes ». L’Organisation mondiale de la santé reconnaît l’usage traditionnel de la racine d’Echinacea angustifolia ainsi que des feuilles et fleurs d’E. purpurea « dans le traitement des rhumes et des infections des voies respiratoires supérieures, du fait de leur action immunostimulante ». (Référence P164 – ECHINACEE)

Le Cynorrhodon (Rosa canina)
Le cynorrhodon est le nom du réceptacle (rouge) contenant les fruits de l’églantier. Riche en vitamine C (20 fois plus que dans l’orange), il est traditionnellement utilisé comme immunostimulant et semble posséder des effets anti-inflammatoires. La baie est employée pour combattre les infections et tout particulièrement la grippe. (Référence P158 – CYNORRHODON BIO).

Cette liste n’est bien sur pas exhaustive. Nous pourrions aussi parler de l’ortie (richesse en minéraux), des baies de Goji (riche en vitamine C), des algues comme le fucus (reminéralisant),… Elles seront à utiliser pures ou en association avec un médicament en fonction de chaque cas, en prévention ou en traitement..

AJC Nature
Hervé Hofer
Sources : VIDAL / Phytothérapie
The Veterinary Journal Journal of Equine Veterinary
Science Canadian journal of veterinary research
Surveillance des médicaments vétérinaires en post-AMM

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